La transcription

La transcription d’un ouvrage s’effectue au domicile du transcripteur et dure plusieurs mois.

Chaque livre est étudié en fonction de sa discipline en vue de faciliter l’adaptation et la transcription en respectant :

— les objectifs pédagogiques de l’auteur

— les attentes du professeur

— les besoins de l’élève.

 

  • Les transcripteurs :

Les transcripteurs doivent maîtriser l’informatique. L’association leur fournit un logiciel spécifique et les forme au braille, par correspondance. Chaque transcripteur en devenir est suivi par un formateur qui envoie, reçoit et corrige les modules d’exercices (braille intégral, utilisation du logiciel, mécanismes d’adaptation suivant les différents types d’ouvrages, etc…).

 La formation de base dure environ 6 mois. Elle peut être complétée ensuite d’une ou plusieurs spécialisations : braille abrégé, braille scientifique, langues étrangères… Tous les moyens sont mis en œuvre pour assurer la formation continue des transcripteurs : notices écrites reprenant l’ensemble du programme, groupe de discussion et d’entraide sur Internet, magazine de liaison interne, communication permanente par téléphone…

Parallèlement, le Livre de l’Aveugle collabore étroitement avec l’AVH (Association Valentin Haüy) et l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles) et fait partie des commissions d’évolution du braille français.

  • L’organisation :

Fin juin-début juillet, le Livre de l’Aveugle reçoit les manuels (livres en noir *) retenus par les enseignants pour la rentrée et les expédie aux transcripteurs. Au fur et à mesure de la transcription, ceux-ci transmettent leur travail au bureau de l’association, sous forme de fichiers électroniques, l’objectif étant de fournir aux élèves les différents chapitres des manuels avant le moment où ils en auront besoin.

En effet, ne recevant les livres à transcrire que très tardivement, parfois après la rentrée, nous sommes contraints de procéder à des transcriptions par étapes, tout au long de l’année scolaire, en essayant de devancer les cours du professeur.

 * Terme employé pour qualifier l’écriture courante, par opposition à l’écriture en braille.

L’atelier d’édition

L’atelier du Livre de l’Aveugle est situé à Malakoff (Hauts-de-Seine). Il est équipé d’un réseau informatique intégré de production et de gestion. Le travail est effectué par une dizaine de personnes bénévoles, la continuité de l’activité, la coordination et la permanence étant assurées par la déléguée  générale

  • La numérisation au scanner : 

Pour les livres contenant essentiellement du texte (comme les romans), il est possible d’éviter la saisie fastidieuse en scannant les pages, traitées ensuite par un logiciel de reconnaissance de texte, puis vérifiés et corrigés. Le scanner du Livre de l’Aveugle est un modèle professionnel pour les livres de littérature et permet de scanner plusieurs feuillets recto/verso en un seul passage. Il est équipé d’un logiciel de reconnaissance de texte très performant.

  • L’embossage : 

Les livres sont édités sur des embosseuses capables d’imprimer en relief soit en recto simple, soit en recto-verso, éventuellement en double interligne pour les débutants.

 Le Livre de l’Aveugle a également investi dans une machine Tiger. Cet appareil de haute technologie permet en une seule opération d’imprimer le texte en noir et d’embosser par-dessus le texte en braille, le tout sur une feuille de papier 90g ordinaire.

Il propose 8 hauteurs de points permettant de créer des textures tactiles et des zones de niveaux différents, une fonction très utile pour les croquis et dessins de géographie, biologie…

  • La mise en relief : 

— Le thermoformage consiste à chauffer une feuille de plastique qui prend ainsi le relief du modèle (réalisé sur du carton par les transcripteurs) sur lequel elle est placée. Les fours à thermoformer permettent ainsi d’éditer les feuilles de schémas en relief des ouvrages scientifiques.

— Le thermogonflage consiste à chauffer une feuille spéciale, réactive à la chaleur, qui permet d’obtenir différents niveaux de relief selon l’épaisseur et la noirceur du trait initial. Cette méthode offre un éventail de dessins au trait, de photos stylisées, de graphiques avec plusieurs épaisseurs de filets réalisés soit manuellement soit sur ordinateur.

  • La reliure et expédition : 

 L’atelier est équipé de perforelieurs et d’une imprimante spécifique pour éditer les couvertures.

 Une fois les volumes assemblés, ils sont emballés et expédiés par la poste aux différents destinataires.

Les envois sont effectués en franchise postale, en cécogrammes.

Galerie de photos

Matériel de l’atelier

Scanner

Embosseuse Elekul

Embosseuse Tiger

Four à thermogonflage

Four à thermoformage

Perforelieur

Cécogramme

L’Audiodescription

Essayons de relater le cheminement intellectuel suivi par les protagonistes qui ont mis en place une idée nouvelle pour le Livre de l’aveugle dont l’objectif principal restait la transcription et l’adaptation en braille des livres et documents scolaires pour les jeunes aveugles et amblyopes scolarisés, soit en milieu ordinaire en inclusion, soit en établissements spécialisés, sur l’ensemble du territoire national.

Tout débute en 2007, année du quatre-vingt-dixième anniversaire de la création de l’association au 7 avril 1917.

Afin de célébrer cet anniversaire l’association organise un colloque, conjointement avec le C.N.F.E.D.S.(Centre national de formation des enseignants auprès des déficients sensoriels) de l’Université de Chambéry. Le thème sera  « Texte et images : transcription-adaptation ».

Ce thème abordait en effet la question, souvent évoquée, des images des livres et documents scolaires. Si la technique du relief permettait aisément de reproduire les figures géométriques, les schémas et les graphiques, il n’en était pas de même des images des livres scolaires qui « envahissaient » ces manuels. Cette iconographie, parfois dévorante et décorative, n’était cependant pas inutile sur le plan pédagogique car elle apportait, de plus en plus fréquemment, un supplément d’information et même de questionnement pour le professeur et ses élèves.

Le colloque, organisé à l’auditorium du Musée de l’Armée aux Invalides, rassembla 250 personnes venues écouter une douzaine d’intervenants de haut vol.

Mais c’est là que se pose alors la question : « Comment les déficients visuels utilisent-ils ces informations iconographiques ? ». La réponse est simple : « Ils en sont tout bonnement privés ! ».

En effet, la plupart du temps, les transcripteurs et transcriptrices se contentaient de signaler, quand tout allait bien, la présence d’une image, d’un dessin, d’une affiche ou d’un tableau de maître.

Ce constat ne pouvait être satisfaisant et Christian Gueguen, le président de l’époque, pensa qu’il serait peut-être possible d’audiodécrire les images des livres scolaires. Idée pionnière s’il en est car cela ne s’était jamais fait jusqu’alors.

C’est ainsi que débute cette belle aventure…»

                                                                               Le Président, Michel Tessier